Page:Faucher de Saint-Maurice - À la brunante, contes et récits, 1874.djvu/214

Cette page n’a pas encore été corrigée


206 A LA BRUNANTE. Des éclaireurs, cachés dans des trous de loups, lançaient sur le rempart des flèches au bout des¬ quelles on avait attaché des lettres adressées aux bourgeois influents de la ville. Puis, c’était tout; l’assiégeant se bornait à ces démonstrations plus bruyantes qu’hostiles. En revanche, il faisait longue et doucereuse sieste, à la maison Holland, où Montgomery avait su retrouver les délices de Capoue. Chaque soir on buvait sec et l’on mangeait bon, au quartier-général américain, et bien que la plupart des officiers Bostonnais eussent été en peine de justi¬ fier leurs seize quartiers de noblesse, ils posaient pour le torse et déchiraient de l’Anglais à pleines dents, (i) Madeleine s’était faufilée en haute faveur auprès de ces messieurs. Elle posait en victime, coquettait avec celui-ci, enjôlait celui-là, souriait à tous ; ce qui l’avait rendu la coqueluche de l’état-major, le général inclus. C’était elle qui tenait la droite de la table du mess, à côté de Montgomery, et ce soir-là quelqu’un qui serait entré dans la grande salle de Y Holland-House, l’aurait aperçue faisant scintiller son verre plein de (1)\tYou can have no conception what kind of men composed their offîcers. Of tbo<?e we look, one major was a blacksmith, another a hatter ; of their captains there was a butcher, a . a tanner, a shoemaker, a tavern keeper. &c. Yet they prétend to be gentlemen.-Lettre du Colonel CaldweU.