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l’amiral du brouillard. 193 spondilis. On expose le vase à un feu clair de fou¬ gère et de verveine; de sorte que la main s’y trouve au bout d’un quart d’heure parfaitement desséchée et propre à se conserver longtemps. Puis, ayant compo¬ sé une chandelle avec de la graisse de veau marin et du sésame de Laponie, on se sert de la main comme d’un martinet pour y tenir cette chandelle allumée ; et par tous les lieux où l’on va, la portant devant soi, les barres tombent, les serrures s’ouvrent et toutes les personnes que l’on rencontre demeurent immobiles.” — Je vous en prie, M. Henri, donnez-moi votre passe, que je voie ce malheureux et puisse faire des affaires avec lui. Vous savez ce qu’Albert le Grand en dit, et vous ne serez pas assez cruel pour entraver le moyen que j’ai de faire fortune. Je dus céder aux supplications de Jacques ; il eut mon billet d’entrée, et, à mon grand étonnement, j’appris plus tard que le pendu lui avait donné la propriété de son bras droit, moyennant finance. Il y eut bien quelque scandale à la salle d’anato¬ mie ; mais les étudiants en droit prirent fait et cause pour le supplicié, et crièrent sur tous les toits que chacun a le privilège de disposer à son gré de tout ce qui lui appartient. Pendant deux ans, je fus sans nouvelles de maître Jacques, et déjà j’avais oublié les étranges confi¬ dences qu’il m’avait faites à bord de la Brunette, lorsqu’un charmant conteur, l’abbé Ferland, me remit toute vivace la mystérieuse histoire de l’Ile- aux-Œufs.