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i/amiral du brouillard. 173 — Il est temps maintenant d’enrouler ces branches de laurier et de verveine autour de nos chapeaux : sais-tu où se trouvent les talismans ? — Ils sont dans mon mouchoir : les voici. — Les as-tu bien préparés, Louison ? — D’après les recettes de l’art ; rien de plus. Tu sais ce qu’ Albert recommande : — “ Prenez une plaque d’étain fin bien purifié aux jours et heures de Jupiter, lormez-y d’un côté la figure de la Fortune et de l’autre ces paroles en gros caractères : ” “ AMOUZIN ALBOMATATOS. ” Tu vois, maître Jacques, que rien n’a été oublié. — Oui, oui, Louison, et je ne sais vraiment à qui sera la faute si l’on ne réussit pas. Ils attachèrent les talismans à leurs chapeaux cirés, et le bruit monotone du fer frappant la terre recom¬ mença. Le remblai montait toujours autour de ces deux hommes, lorsque tout-à-coup Louis poussa un cri d’horreur. — Regarde, Jacques ! j’ai une tête de mort sous le pied ! Jacques abattait son pic au moment où Louis faisait sa lugubre trouvaille ; un second crâne alla rouler auprès du premier. — N’aie pas peur, Louison ! j’ai prévu le cas, et ce qui brûle là dans nos lanternes ce sont deux cierges bénits. Cardan ne dit-il pas: — “ Quand on a des