Page:Faucher de Saint-Maurice - À la brunante, contes et récits, 1874.djvu/165

Cette page n’a pas encore été corrigée


MON AMI JEAN. 157 c’étaient déjà les privations qui se frayaient lentement un chemin au travers de sa vie. Je revois d’ici les joies enfantines de Jean, lors¬ qu’il étala orgueilleusement sur ma table de garçon toute la charmante pacotille qu’il avait rapportée de son excursion. C’était une parure en or, et, bien qu’il n’y en eût que pour la modique somme de dix dollars, jamais modeste corbeille de noce ne fut mieux choisie. Le lundi suivant ils étaient mariés, et au déjeu¬ ner qui suivit la messe nuptiale, Jean me disait joyeusement : — Sans l’amour, vois-tu, Henri, la vie n’est rien. Tu goûteras ces choses là plus tard, et alors tu sauras me dire, en regardant amoureusement ta pe¬ tite femme, que pour mieux se souvenir il faut avoir aimé. tt