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LE FANTOME DE LA ROCHE. qui se vengent de votre commerce d’opium, en vous servant en retour un énervant qui entre comme base de toutes vos maladies, le spleen, par exemple. — Un Français n’est pas autre chose qu’une agglomération de préjugés, chevalier. Je vous ex¬ empterai du thé, mais à une condition, mon vieil ami ; c’est que vous àllez goûter à ce whiskey que je me propose de faire mettre en bouteilles demain. — Ah ! pour cela, volontiers : il est bon, et vaut cent fois cette guildive que l’on nous a donnée en ration sur les plaines d’Abraham. Vous vous rap¬ pelez, capitaine, le maître coup-d’épée que votre serviteur vous prêta en ce jour historique ? — Comment, si je m’en souviens, M. de Lacorne ! sans la boucle d’argent qui retenait mon plaid\ vous étiez en train de me désarticuler l’épaule ! Ah ! vous êtes aujourd’hui la cause d’une série de rhuma¬ tismes qui me tombe dessus à chaque saut de tempé¬ rature, et vous m’avez métamorphosé en un doulou¬ reux baromètre ! — Bah ! vous avez le remède à côté du mal ; vous n’aurez qu’à choisir au milieu des chaudes flanelles de votre étalage pour vous soigner à point ; à votre santé, vieux richard ! — Vous en parlez à l’aise de mes flanelles, cheva¬ lier ! Si un marchand se servait comme cela, que resterait-il à la clientèle ? Dans le triste état où se trouve le pays, il faut économiser.