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110 ▲ LA BRUN ANTE. — Mademoiselle Marie, Cyprien Roussi vient de se confesser, et il doit communier demain, répondit- il lentement. Marie se tut : une larme erra dans son œil noir ; puis, faisant effort pour rendre la conversation plus gaie, elle reprit : — Bien, Cyprien, très-bien ! après avoir été le scandale, vous serez l’expiation ; tout cela est raison¬ nable ; mais je ne comprends pas comment monsieur le curé a pu m’imposer à vous comme pénitence. — Oh ! Maye, c’est à votre tour maintenant de railler ! mais écoutez-moi : il vous est si facile d’être bonne que je serai bon. Tenez, si vous dites oui, et si vous voulez être madame Roussi, eh ! bien, je ne suis pas riche, mais je vous ferai un beau cadeau de noce. — Et ce cadeau de noce, que sera-t-il ? — Je vous jure que de ma vie jamais goutte de liqueur forte n’effleurera mes lèvres. Marie resta silencieuse un instant ; puis étendant sa main vers Cyprien : — Puisque vous dites la vérité, je serai franche avec vous : je vous aime, Cyprien. Et voilà comment il se fit que deux mois après avoir communié, le petit Cyprien, toujours au grand ébahissement du village, était marié à Marie la cou¬ turière.