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SABHA-PARVA.

» N’as-tu pas obtenu le rang de ton père et de tes ayeux ? Tu as lu, tu es versé dans les Çâstras ; tu n’as jamais trouvé qu’autour dans mon palais. 1797.

» Tu es l’aîné de tes frères. Qu’y a-t-il dans le royaume que tu n’aies pas obtenu, beau prince ? Les mets, que tu manges, sont exquis ; les habits, qui te revêtent, sont précieux ; choses, dont ne peuvent jouir les gens du commun. De quoi te plains-tu, mon fils ? Ce royaume de ton père et de tes ayeux est riche et vaste. 1798-1799.

« Tu y commandes sans cesse et tu y resplendis comme le souverain des Dieux au milieu du ciel. Quelle est, ô toi, qui as la science d’un sage, la cause de ton chagrin ? Veuille me dire, héros aux longs bras, quel accident est né pour te faire de la peine, » | | 1800.

Douryodhana répondit :

« Un homme vil, de qui les regards ne vont pas au-delà, se dit : « J’ai pour me vêtir et manger ! » Quiconque ne ressent pas de colère est appelé un homme du vulgaire.

» Une prospérité que j’ai de commun avec les autres, noble Indra des rois, ne me cause aucun plaisir. Depuis que j’ai vu dans le fils de Kountî cette fortune, pour ainsi dire, flamboyante, mon âme est dans le trouble. 1801-1802.

» Depuis que J’ai vu la terre soumise entièrement à l’empire d’Youddhishthira, je t’en fais l’aveu, malgré toute ma fermeté, je ne vis que de chagrin. 1803.

» Les Tchitrakas, les Kaâukouras, les Kâraskaras aux jambes de fer ressemblent dans son palais à des nîpas aux cîmes inclinées. 1804.

» Toutes les mines de pierreries des pays marécageux, de la mer, de l’Himâlaya, toutes celles reculées aux extré-