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LE MAHA-BHARATA.

Tous les êtres suivent leur nature, comme le vautour la trace du feu des sacrifices. 1450.

» Ta nature est peut-être du plus bas degré, ou plutôt il n’y a point à en douter ; aussi approuves-tu la mauvaise nature de ces Pândouides, 1451.

» Entre qui le plus digne des honneurs, c’est Krishna, et desquels tu es même l’instructeur. Homme vertueux, tu ne connais pas la vertu ! Tu es sorti de la route des gens de bien ! 1452.

» Quel homme, le plus instruit des savants, quel homme, ayant la conscience de sa vertu, eût fait, Bhîshma, ce que tu as fait, après que tu eus considéré les règles du devoir ? 1453.

» Comment, s’il te plaît, orgueilleux de ta science, as-tu pu ravir une jeune fille vertueuse, nommée Ambâ, de qui l’amour s’était donné à un autre ? 1454.

» Aussi Vitchitravîrya, ton frère, fidèle à suivre le sentier des gens de bien, ne voulut-il pas accepter cette vierge, enlevée par toi, Bhîshma ! 1455.

» Et malgré toi, orgueilleux de ta science, il engendra des fils au sein de ses deux épouses dans la route foulée par les hommes de bien. 1456.

» Quelle obligation de caste, Bhîshma, te fait garder la continence ? Il n’y en a pas d’autre sans doute que le délire ou l’impuissance ! 1457.

» Je ne vois un incrément de toi nulle part ; et toi, qui parlais ainsi devoir, je ne te vois pas honorer une vieille épouse. 1458.

» L’oblation, l’aumône, la lecture, les sacrifices accompagnés de nombreux honoraires, tout cela ne vaut pas la seizième partie du mérite obtenu par un fils. 1459.