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LE MAHA-BHARATA.


» Mes enfants, hélas ! qui ne peuvent ni voler, ni marcher ! Elle court sans doute en proie à sa douleur et poussant maint et maint gémissement ! 8433.

» Comment Djaritâri, comment Sârisrikwa, mon fils, comment Stambamitra, comment Drona, comment la pénitente, mon épouse, vont-ils sauver leur vie ! » 8434.

Au rishi Mandapâla, qui se désolait ainsi dans la forêt, la perruche tint ce langage, qui respirait l’injure, puissant Bharatide : 8435.

« Ce regard jeté sur tes fils n’est pas juste : ce sont des saints, remplis de splendeur et pleins d’énergie, m’as-tu dit ; ils n’ont alors rien à craindre du feu ! 8436.

» Car tu les as recommandés toi-même au Feu, et le magnanime Djalana fa fait cette promesse en ma présence : « Il en sera comme tu veux. » 8437.

» Le gardien du monde ne peut rendre vaine cette parole, qu’il a prononcée devant nous. Que ton esprit se rassure donc sur le sort de ta famille. 8438.

» Ton cœur s’afflige en pensant à ma rivale : l’amour, que tu as pour moi, n’est certainement pas égal à celui, que jadis tu as eu pour elle. 8439.

» Je ne suis donc nullement assortie avec un oiseau sans amour, qui peut voir d’un œil indifférent la douleur de son amie. 8440.

» Va trouver Djaritâ, de qui le sort t’afflige ; je m’en irai bien seule, puisque je suis accouplée avec un méchant homme. » 8441.

» Je ne vais pas dans le monde pour la raison, que tu penses, lui répondit Mandapâla ; je vas et je viens à cause de mes fils : voilà mon souci. 8442.

» Que le monde méprise l’insensé, qui, abandonnant