Page:Fauche - Le Mahâbhârata, tome 2.djvu/327

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
305
ADI-PARVA.

la sainte écriture ; je ferai ce que tu désires ; il n’y a rien ici, qui soit à craindre pour toi. 8424.

» Vous m’avez été recommandés par Mandapâla naguère : « Épargne, m’a-t-il dit, mes fils, quand tu brûleras cette forêt. 8425.

» La parole de ton père et la tienne, Drona, sont l’une et l’autre d’un bien grand poids à mes yeux : parle ! que ferai-je pour toi ? Je suis très-satisfait de ta louange : la félicité descende sur toi, ô le plus vertueux des brahmes ! » 8426.

Drona lui répondit :

« Ces paons, Çoukra, nous effraient continuellement ; fais-les brûler tous, mangeur de l’hostie, eux et leurs parents. » 8427.

Le Feu agit donc ainsi ; et, quand il eut donné congé aux jeunes huppes, il s’enflamma de nouveau, Djanamédjaya, et consuma le bois Khândava. 8428.

Vaîçampâyana dit, continuant son récit :

« Mandapâla même pensa, rejeton de Kourou, à ses fils ; et, quoiqu’il eut parlé au Feu, il ne pouvait goûter un instant de bonheur. 8429.

Tourmenté d’inquiétudes pour le sort de ses fils, il dit à la perruche : « Comment, Lapitâ ? Mes enfants sont incapables de marcher ! 8430.

» Le feu s’accroît, le souffle du vent sèche tout rapidement, et mes fils n’ont aucun moyen de sauver leur vie ! 8431.

» La pénitente, leur mère, n’est-elle pas incapable de les arracher à la mort ? Elle succombera à la douleur, quand elle verra son impuissance à sauver ses fils, 8432.