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ADI-PARVA.

« Je vais donc le raconter sans rien omettre, dompteur des ennemis, comment il est arrivé que le feu n’a point brûlé les huppes dans cette conjoncture. 8534.

Il y eut un grand saint, voué à la pénitence, versé dans les Védas, et qui surpassait de beaucoup les plus instruits des hommes dans la science des devoirs : il se nommait Mandapâla. 8335.

Entré dans la voie des rishis adonnés à la continence, c’était, sire, un ascète, victorieux des sens, consommé dans la sainte écriture et trouvant sa joie dans la vertu. 8336.

Après qu’il eut abordé à la rive ultérieure de la pénitence, il abandonna son corps et s’en alla dans le monde des Mânes ; mais il n’y trouva pas, rejeton de Bharata, la récompense, qu’il avait espérée. 8337.

Quand il vit stériles pour lui ces mondes, conquête de sa pénitence, il en demanda la cause aux habitants du ciel, qui formaient la cour du Roi des morts : 8338.

tt Pourquoi les mondes, que ma pénitence a conquis, me sont-ils voilés ? dit Mandapâla. Ai-je omis de faire une œuvre, dont ils sont la récompense ? 8339.

» Pourquoi ce fruit de ma pénitence ne se montre-t-il point à mes yeux ? Dites-m’en la cause, habitants du ciel : je vais y remédier ici. » 8340.

« Écoute, brahme, comment les hommes acquittent leur dette, répondirent les Dieux. C’est avec des cérémonies, la continence, une postérité : il n’y a là aucun doute.

» Tout est donc payé par le sacrifice, la pénitence et des fils. Tu es un ascète, tu as célébré des sacrifices ; mais il te manque des fils. 8341-8342.

» Ces mondes te sont voilés à cause des fils, que tu n’as