Page:Fauche - Le Mahâbhârata, tome 2.djvu/112

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
90
LE MAHA-BHARATA.

nos désirs, à l’onde pure de la Bhagirathi, qui n’est fermée, qui n’est défendue à personne ! » 6459.

Irrité à ces paroles, Angâraparna de bander son arc et de leur envoyer ses flèches aiguës, semblables à des serpents aux dents venimeuses. 6460.

Aussitôt Danandjaya, le fds de Pândou, fit rapidement tournoyer son brandon, la meilleure des cuirasses, et para tous les traits du Gandharva. 6461.

« Ton moyen est bon pour inspirer la terreur aux hommes, étrangers à la science des astras, lui dit Arjouna ; mais employé contre ceux, qui les ont étudiés, Gandharva, il s’évanouit comme l’écume ! 6462.

» Les hommes excellent, je le vois, sur tous les Gandharvas ; je te combattrai donc avec les armes célestes, Gandharva, et non avec la magie. 6463.

» Vrihaspati, l’honorable instituteur de Çatakratou, donna jadis ce Trait-du-Feu à Bharadwàdja. 6464.

» Agnivéçya le reçut de Bharadwàdja, et mon gourou d’Agnivéçya. Le plus vertueux des brahmes, Drona me le transmit à son tour. » 6465.

Et, ce disant, le Pândouide irrité de lancer au Gandharva ce trait flamboyant du feu, qui incendia son char.

Dhanandjaya saisit par les cheveux, comme une guirlande, le vigoureux Gandharva, sans char, confondu, ébloui par la lumière de la flèche, tombant la tête en bas, et le traîna, l’esprit aliéné par la chùte du trait, vers ses héroïques frères. 6466-6467-6468.

L’épouse du Gandharva, nommée Koumbhînaçi, qui désirait sauver son époux, s’avança vers Youddhishthira, en sollicitant sa protection : 6469.

« Sauve-moi, éminente personne, dit la Gandharvî, et rends à mon époux sa liberté. Celle, qui implore ta misé-