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acceptable en pratique, comment concevoir que l’égalité soit un droit de l’homme, un droit individuel ? Elle peut être le bien d’un peuple, et par conséquent le droit qu’il revendiquera ; ce sera à voir en un autre endroit. Mais comment peut-elle être un droit de l’homme ? Comment peut-elle être un droit individuel ? J’admets, pour un instant, qu’un homme naissant puisse dire : « J’ai droit à vivre, j’ai droit à vivre libre, j’ai droit à vivre en sécurité. » Soit. Mais qu’il puisse dire : « J’ai droit à ce qu’aucun autre homme n’ait ici plus de puissance que moi » ; cela est non seulement irrationnel, mais un peu bouffon. Quel droit apportez-vous en naissant à la puissance, ou à réprimer celle des autres et à la ramener à la mesure de la vôtre ? En quoi êtes-vous autorisé à avoir dans la société où vous entrez une part égale à la mienne, ou pourquoi, à quel titre pouvez-vous me forcer à n’en pas occuper une plus grande que la vôtre ? Ici, non seulement le droit, mais le semblant même du droit s’évanouit. Non seulement il n’y a pas contrat, non plus que pour le reste ; mais il n’y a pas même quasi-contrat ; mais il n’y a pas même raison quelconque qu’il en soit ainsi.

Vous naissez, vous êtes nourri, vous êtes élevé, à quoi l’on peut dire que vous avez une espèce de droit moral en ce sens que vos prédécesseurs sur la terre et dans cette société ont le devoir moral de ne vous pas laisser mourir ; vous vous faites