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que n’est intervenue ni conquête, ni oppression de classe par une autre. C’est la société naturelle.

Le besoin de se défendre crée la grande patrie, qui est naturelle encore puisqu’elle n’est qu’une agglomération de clans ; mais qui, de plus, est volontaire, parce que ces clans n’avaient aucune raison naturelle de s’agglomérer, aucun instinct naturel les poussant à s’associer. Ils ont eu de s’associer des raisons non pas naturelles, mais historiques. Je dis que cette association, naturelle encore en ses origines, est surtout volontaire. Elle l’est toujours en définitive, malgré les apparences. Très souvent, le plus souvent, elle n’est matériellement que le résultat d’une conquête, de la conquête des clans les plus faibles, par le plus fort ou le mieux placé. Oui, mais pour que cette patrie dure, il faut le consentement persévérant des annexés, le consentement des annexés et le transfert, en quelque sorte, qu’ils font de leur amour pour la petite patrie à la grande. Si ce consentement n’existe pas, si ce transfert n’a pas été fait au bout de quelques générations, la patrie n’existe point du tout, et elle se disloque.

La grande patrie est donc bien une association, naturelle en ses lointaines origines, volontaire en son développement et considérée en l’état actuel où on la voit. Elle a pour cause éloignée la sociabilité naturelle à l’homme, pour cause moins éloignée la nécessité de la défense. Elle est donc en