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heure. Il finit par prendre cette dernière habitude, peut-être en maugréant à chaque aurore ; mais il prend cependant cette habitude. II aimera toujours se lever tard ; mais il se lèvera toujours de bonne heure.

Les peuples qui ont le goût de la servitude peuvent très bien devenir libéraux de cette façon-là. Sans doute, ceux qui aiment la liberté par goût auront toujours sur eux quelque avantage, mais moins qu’on ne pourrait croire, la « seconde nature », parce qu’elle vient de la volonté, étant souvent plus forte que la première.

Je souhaite que les Français fassent cet effort ; je souhaite qu’à se persuader que le libéralisme étant simplement la mise en valeur de toutes les forces nationales, si grandes chez eux, ils se persuadent qu’à vouloir être libres et à le devenir parce qu’ils le voudront, ils seront forts et reprendront leur ancien rôle et leur ancien rang dans le monde. S’ils se pénétraient de cette idée, je serais moins inquiet que je ne suis ; parce que, s’ils se soucient peu d’être libres, ils aiment à être forts et grands. Qu’ils soient persuadés qu’ils ne seront forts que s’ils sont libres, et les voilà sur le bon chemin.

On a assez vu que je ne l’espère pas beaucoup. Mais il faut toujours faire comme si on espérait. Il est permis de n’avoir pas d’espoir ; mais il est défendu de faire comme si l’on n’en avait pas.