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dant deux siècles, ont été libéraux ou ont cru l’être pendant deux siècles. C’est dans l’ordre. Mais ils n’en sont pas moins les fils de Calvin, c’est-à-dire de l’homme qui est le type même du despotisme et de l’antilibéralisme et qui, à certains égards, et précisément au point de vue qui nous occupe, est parfaitement antichrétien. Car c’est le christianisme qui a établi la distinction entre le temporel et le spirituel et qui a soustrait le spirituel à l’Etat, et qui, en ce faisant, a fondé les droits de la conscience humaine et les droits de l’homme. Et c’est précisément Calvin qui a eu pour conception sociale la parfaite union, connexion et confusion du pouvoir civil et du pouvoir ecclésiastique, qui des délits civils a fait des péchés et des péchés a fait des délits civils, qui a fondé un despotisme civil et un despotisme ecclésiastique exercés par le même gouvernement, qui en cela est revenu, par delà le christianisme, à l’antiquité romaine et même l’a dépassée de beaucoup en rigueur, qui, donc, a donné la théorie et l’exemple du gouvernement le plus épouvantablement despotique que le monde ait eu le bonheur de voir.

Les protestants français sont les fils de Calvin ; il est difficile qu’il ne leur en reste pas quelque chose.

— Mais Calvin, ce n’est que Calvin !

— Pardon ; mais les maîtres du protestantisme,