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toutes choses, qu’il dispose de places à donner, de faveurs à accorder et de places et de faveurs à promettre, en nombre infini. Par conséquent le Français, par simple souci de son intérêt matériel, est facilement amené à cette idée, à ce projet : conquérir l’Etat, l’avoir à soi : « Si j’étais le gouvernement ! » Le moyen ? Le moyen c’est d’être membre d’un parti qui aura la majorité, puisque l’Etat en France c’est le parti qui a la majorité. De là des partis, qui ne sont que des syndicats pour la conquête de l’Etat, et qui, quand ils l’ont conquis, ne songent qu’à l’exploiter à leur profit, puisqu’ils ne l’ont conquis que pour cela, et ne songent pas sans doute à l’amoindrir ou à le désarmer et sont plus étatistes et plus autilibéraux que jamais.

« La République est une dépouille », comme dit Montesquieu. Quand on ne considère l’Etat que comme une dépouille, on ne le partage qu’entre amis. C’est tout naturel. Mais la raison de tout cela, c’est que l’Etat, trop centralisé, trop muni de places à donner et de faveurs à distribuer, trop fort, trop grand, trop riche, était précisément quelque chose qui valait la peine d’être conquis et d’être transformé en dépouille. L’Etat en France est la toison d’or. Il faudrait trop de vertu aux Français pour ne pas mettre le cap sur cette toison-là, surtout quand l’expédition ne demande ni grande science nautique ni grand courage.

Ajoutez que les éducations religieuses des Fran-