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ne peut pas faire autrement ni tabler sur autre chose. Il en résulte que, le revirement possible, on l’empêche d’avoir lieu. Les gris, dans ce pays, avaient eu, aux dernières élections, 33 0/0 des voix. On ne peut que leur conseiller d’accumuler leurs suffrages sur deux candidats pour les faire passer, soit deux sur six. Mais il y a eu changement dans l’opinion, et ces deux candidats sont nommés avec 55 0/0 des voix. Cela veut dire qu’on aurait pu faire passer quatre gris au lieu de deux. Mais on ne s’en aperçoit que l’élection faite. Cette indication ne servira qu’aux élections prochaines, c’est-à-dire quatre ans trop tard. C’est ce que j’appelais ankyloser le suffrage universel, en retarder et en ralentir les manifestations, lui ôter de sa souplesse, et, tout compte fait, le fausser.

Il y a bien des inconvénients dans ce système, qui est peut-être le meilleur, qui en tous cas est le moins contestable.

Il y en a un autre qui n’a pas comme celui-ci le défaut d’être préventif et préalable, mais qui est très difficile à mettre en pratique. Il consiste dans l’institution des députés adjoints. Ce n’est plus avant l’élection qu’on procède ; c’est après. On compte les voix exprimées dans tout le pays. On constate que les suffrages gris ont monté à un tiers, mais que, par suite de l’imperfection de l’instrument électoral, ce tiers de la nation n’est représenté à la chambre que par un cinquième des