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pas un. On n’a pas adopté ce système. J’ai toujours : cru qu’on l’adopterait un jour.

On y tend toutes les fois qu’on fait des circonscriptions électorales plus grandes et qu’on use du scrutin de liste. Si dans un département il y a trois circonscriptions radicales et deux circonscriptions modérées, avec le scrutin d’arrondissement ce département nomme trois radicaux et deux modérés, avec le scrutin de liste il nomme cinq radicaux. Pour avoir une représentation relativement exacte et par respect des minorités, il faut conserver le scrutin uninominal. Il n’existe en France que pour les députés ; le scrutin de liste est usité pour les sénateurs. Aussi la majorité parlementaire représentant la majorité du pays est-elle plus compacte au Sénat qu’à la Chambre, et elle est évidemment disproportionnée.

On a cherché plusieurs moyens d’arriver à une représentation équitable des minorités. Je n’entrerai pas dans le détail de ces procédés. Je ferai remarquer seulement qu’ils comportent tous un inconvénient assez grave. Je ne crois pas qu’il y ait moyen d’arriver à la représentation des minorités autrement qu’en recourant au scrutin de liste, et alors on retombe dans les défauts ou dans les périls du scrutin de liste.

Par exemple on dit aux électeurs d’un département appelé à nommer six députés, et où les deux tiers des électeurs sont bleus et un tiers gris :