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les régenter ni pour les combattre, et ne s’en occupant plus qu’au point de vue de la police, du bon ordre et de l’exercice régulier du culte. Une Eglise, pour l’Etat, doit être comme un théâtre. Il ne le subventionne pas, il ne le régente pas, il ne le censure pas (du moins c’est ainsi à mon avis qu’il devrait agir). Il ne s’en inquiète que s’il y a trop de bruit dedans et surtout aux abords. Il ne s’en inquiète que si quelqu’un veut empêcher les acteurs de jouer ou les spectateurs d’entrer ou de sortir. Tout cela, étant de police et d’ordre public, le regarde. Ce qui s’y pense et ce qui s’y dit ne le regarde aucunement. Il n’est pas auteur dramatique. De même il n’est pas théologien ni philosophe. C’est précisément à vouloir être philosophe, théologien et même auteur dramatique qu’il me met, moi, sous le joug, et qu’il se met, lui, dans une foule d’embarras inextricables, où il s’épuise et où il fait le plus souvent la plus piteuse figure du monde.

La séparation absolue des Eglises et de l’Etat, les Eglises payées par leurs fidèles, administrées par leurs fidèles, gouvernées par ceux qui ont la confiance de leurs fidèles, c’est la seule solution libérale, c’est la seule solution rationnelle, c’est la seule solution pratique.

Je ferai remarquer que cette solution implique la liberté d’association, la plus large liberté d’association. En 1902 les représentants les plus