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comme tel. Pour vivre dans cet état, l’individu n’a pas besoin de liberté individuelle, parce qu’il n’en a que faire. Il n’est qu’un rouage nonchalant, si je puis ainsi dire, de la grande machine sociale, et il n’a aucun besoin de liberté, puisqu’il n’a rien à faire de son activité. Si on lui laisse la liberté individuelle, je ne sais pourquoi, il la renoncera, n’en ayant pas l’emploi ; et elle se prescrira en lui, avec le temps, faute d’exercice.

On peut donc dire que le droit de tous à la propriété est sinon exclusif de la liberté individuelle, du moins de nature à la reléguer dans l’inutile et par conséquent à la détruire.

Le droit d’accession à la propriété, au contraire, suppose et nécessite une part au moins grande de liberté individuelle, et il l’excite à vivre, il la sollicite à s’exercer, et, en la sollicitant à s’exercer, il la développe. Il dit au pauvre : travaille et acquiers ; car tu as le droit d’acquérir, et après avoir acquis, de conserver. Il dit à l’homme de moyen ordre : travaille pour devenir riche ; car tu as le droit de le devenir, et l’étant devenu, de le rester. Il dit au riche : travaille, si tu veux, c’est ton droit, parce que c’est le droit de tous ; travaille si tu veux ; du reste ce serait idiot ; mais, surtout, dispose comme tu l’entends de ta fortune, ce qui est une nouvelle forme d’activité ; donne intelligemment, fais du bien, fonde des hôpitaux, des ouvroirs, des crèches, des collèges et des musées, et les administre ;