Page:Féval - Le Fils du diable - Tomes 3-4.djvu/78

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


CHAPITRE XI.
TOILETTE DE FRANZ.


Madame de Laurens pressa tendrement les mains de son mari.

Le Portugais fronça le sourcil ; il avait comme un pressentiment sinistre.

Le médecin Saulnier admirait de loin, et se demandait comment M. de Laurens, cet homme heureux entre tous, pouvait avoir la maladie des âmes blessées…

— Là-bas, poursuivit Sara, au château de Geldberg, je vous dis tout ce que je pensais ce matin, Léon ! nous pourrions être seuls au milieu de la foule… ce seraient de beaux jours !

— Ce serait le ciel !… murmura M. de Laurens en extase.

— Mais vous voilà si souffrant et si faible ! dit encore Sara en glissant un regard oblique du côté de Mira ; pourrez-vous supporter le voyage ?

Un coup d’œil lancé à Mira était un ordre ; le Portugais affecta de ne le point comprendre.

— Pour vous suivre, répondit M. de Laurens, je trouverai de la force…

— C’est impossible ! reprit sèchement Mira.

Petite tressaillit comme un chef que ses propres soldats frapperaient par derrière.