Page:Féval - Le Fils du diable - Tomes 1-2.djvu/781

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


CHAPITRE XVII.
LA QUITTANCE.


Après les dernières paroles de madame de Laurens, il y eut un assez long silence dans le confessionnal de la princesse. Petite avait prononcé ces mots qui demandaient un meurtre, de sa voix la plus douce et sans perdre son charmant sourire.

Mais, sous cette voix suave et derrière ce sourire, une volonté si impitoyable se faisait jour, que le baron ne put s’empêcher de tressaillir.

Rodach ne connaissait pas madame de Laurens si intimement qu’elle pouvait le croire elle-même, mais il la jugeait à ce premier contact ; il devinait l’énergie virile qui se cachait sous ces grâces mignones. Cette femme l’effrayait bien plus que Reinhold et Mira : c’était l’ennemi le plus redoutable entre tous ceux qui voulaient le sang de Franz.

Sara ne s’était pas trompée tout à fait en disant que le baron l’avait suivie ; seulement, elle avait pris les choses de trop haut, en faisant remonter l’aventure jusqu’au déjeuner du café Anglais. Le baron ne la suivait que depuis une heure, et pour l’avoir rencontrée rue Dauphine, à la porte du logis de Franz.

C’était sur les pas de Petite qu’il était arrivé en effet à la maison de jeu. Mais il en eût probablement trouvé le chemin sans cette circonstance, car il avait pris plusieurs notes, durant sa conversation confidentielle avec le