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CHAPITRE VII.
CENT VINGT FRANCS.


Ces promesses tenaient de la féerie : le pauvre Jean Regnault, tout simple qu’il était, hésitait à y croire ; mais Polyte parlait avec tant de chaleur ; son enthousiasme était si vrai ; il semblait si profondément convaincu !

Jean restait devant lui, bouche béante, l’interrogeant du regard et n’osant parler, de peur de retarder l’explication espérée.

— Ah ! nous y sommes ! disait Polyte, qui ne se possédait pas de joie, — on a eu de la peine à y venir ; mais on y est ! Va me chercher tes cent vingt francs, mon fils, et je te garantis qu’avant minuit nous avons un billet de mille !

— Comment feras-tu ? demanda enfin Jean.

— Ce n’est pas moi qui ferai, c’est toi… Je te donnerai seulement la poudre de perlimpinpin, et la manière de s’en servir.

— Est-ce que tu plaisanterais ? demanda Jean tristement et avec un accent de reproche.

— Non pas ! s’écria Polyte, ma parole sacrée !… J’ai trouvé le moyen… et le moyen est bon.

— Mais enfin ?…

Le lion du Temple se campa en face du joueur d’orgue, et mit ses deux mains sur la poignée de sa canne.