Ouvrir le menu principal

Page:Erckmann-Chatrian - Contes et romans populaires, 1867.djvu/557

Cette page a été validée par deux contributeurs.
25
LA MAISON FORESTIÈRE.


Erckmann - Chatrian - Contes et romans populaires, 1867 p567.jpg
— Hé ! C’est le gueux qui passe avec sa bande (Page 20.)


décombres qui couvrent au moins trois arpents de bruyères. Deux tours sont encore debout vers la montagne. Entre les deux tours, on voit l’arc de la porte, et au-dessus de la porte, à droite, près de la fente d’où sortait une des poutres du pont-levis, reste une fenêtre ronde. C’est là que demeurait Zaphéri Honeck, dans une espèce de voûte au-dessus du corps-de-garde. On ne peut plus y monter, parce que l’escalier en est tombé ; mais, dans ma jeunesse, je me rappelle bien que mon grand-père Gottlieb m’a conduit là, pour me raconter cette histoire.

De la voûte, Zaphéri voyait d’un côté la montagne en face, et de l’autre il pouvait regarder dans la première cour du Veierschloss ; car il y avait deux cours entourées de hautes murailles, et sombres comme des citernes. Dans la première, le veneur voyait toutes les niches des chiens burckars à la file ; un escalier à droite qui menait aux appartements du Comte-Sauvage ; à gauche un escalier pareil, qui montait à la galerie des reîters ; et au fond, les cuisines, la boucherie et la buanderie. Dans la seconde cour, où l’on entrait par une grande porte cochère, se trouvaient les écuries et le bûcher. Vous pourrez visiter cela demain, et vous reconnaîtrez que c’était solidement bâti.

Honeck venait coucher dans cette voûte, et le reste du temps, il courait la montagne. Je ne sais pas s’il prenait part aux expéditions de Vittikâb, mais il ne devait pas être meilleur que les autres, d’autant plus que le Comte--