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Page:Erckmann-Chatrian - Contes et romans populaires, 1867.djvu/525

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LES AMOUREUX DE CATHERINE.


Erckmann - Chatrian - Contes et romans populaires, 1867 p535.jpg
Et vous pensez que de cette façon tout sera réparé ? ( Page 102.)

— Non ! interrompit Catherine, ce n’est pas dans mes idées.

— Eh bien ! madame, vous avez raison, dit la vieille, cent fois raison ! Défiez-vous des roux, que le ciel vous en préserve, c’est la couleur du diable. Mais les bruns, à la bonne heure, parlez-moi de ça ; oh ! les bruns, surtout les bruns frisés. »

Catherine rougit, Walter était brun frisé, et Salomé vit tout de suite que ce conseil lui convenait ; c’est pourquoi elle poursuivit avec un redoublement d’enthousiasme :

« Les bruns frisés… oh ! l’agréable couleur ! c’est doux, c’est vif, ça vous a toujours le mot pour rire, et puis c’est dur au travail. Tenez, sans vous commander, Jacob Yaëger, le brigadier forestier qui vient tous les dimanches, je suis sûre que cet homme-là fait ses dix et même ses douze lieues par jour sans s’en apercevoir. C’est agréable d’avoir un homme qui se porte bien, car la bonne santé fait la bonne humeur.

— Sans doute, dit Catherine avec indifférence, sans doute Jacob Yaëger est un brave homme, un homme gai ; mais un forestier, c’est toujours en route, et quand on se marie…

— Ah ! je vois bien, dit la rusée Salomé, que vous aimez les blonds, et pour dire la vérité, je ne peux pas blâmer votre goût. D’abord les blonds ont le cœur tendre et les yeux bleus ; ils vous regardent jusqu’au fond de l’âme, les pauvres blonds ! Ils sont craintifs avec leur femme, ils obéissent comme des moutons ; ils