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Page:Erckmann-Chatrian - Contes et romans populaires, 1867.djvu/492

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LA TAVERNE DU JAMBON DE MAYENCE.

Erckmann - Chatrian - Contes et romans populaires, 1867 p502.jpg
« Fièvre latente ! pouls irrégulier ! soubresauts des tendons ! symptômes gastriques !… » (Page 53.)


que, durant quelques secondes, il ne put répondre un mot ; enfin il dit :

« Vous savez, maître Sébaldus, que je vous aime, et toute votre famille, depuis longtemps.

— Oui, oui, je sais ; nous recauserons de ça plus tard.

Et, s’adressant de nouveau à la mère Rasimus :

« Trievel, s’écria-t-il en riant, il ne faut pas croire que je paye les gens avec de belles paroles : tu sauras que ta place est marquée à ma table tous les jours, tant que nous durerons l’un et l’autre, avec la grâce de Dieu, afin que tu n’aies plus à t’inquiéter de rien, que de prendre ta fourchette et ton verre. Et si, par malheur, je mourais avant toi, eh bien, Grédel et Fridoline seront là pour se rappeler ma promesse.

— Ça, fit la vieille toute joyeuse, ce n’est pas de refus, maître Sébaldus, au contraire, je ne dirais pas ce que je pense, si j’avais la délicatesse de refuser.

— Oui, mais ce n’est pas tout, Trievel, il faut que je te fasse un présent, en échange de cette belle gourde, que je garde comme souvenir ; je me suis fourré ça dans la tête depuis hier soir. Tu vas me demander quelque chose, n’importe quoi. Voyons, forme un vœu. Si tu me demandais ma vigne de Kilian ou mon moulin de la Fromuhle, je serais capable de te les donner, car tu es une brave femme, et pas sotte comme on en voit tant. »

La vieille Rasimus, à ces mots, devint grave ;