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Page:Erckmann-Chatrian - Contes et romans populaires, 1867.djvu/477

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LA TAVERNE DU JAMBON DE MAYENCE.


Erckmann - Chatrian - Contes et romans populaires, 1867 p487.jpg
« Aussi je puis dire que le Seigneur m’aime… (Page 46.)

loin ; comment ça va-t-il ce matin ? Est-ce que les andouilles d’hier soir ont bien passé ? — Hé, mon Dieu oui, maître Sébaldus, répondait le capucin d’un ton joyeux ; dame Grédel n’a pas son égale pour les andouilles, toute la nuit je m’en suis léché les moustaches. Et votre petit vin d’Umstein est une fameuse sauce pour les andouilles… Hé ! hé ! hé ! »

Alors, tous deux, riant et jubilant, se serraient la main. Ils entraient dans la taverne ; le père Johannes déposait son bâton derrière la porte, et maître Sébaldus criait d’une voix retentissante : « Grédel ! Grédel ! voici le père Johannes, tu peux apporter la friture. Allons, père Johannes, asseyez-vous, je vais tirer une pinte du vieux vin pour nous rafraîchir. Il va faire joliment chaud aujourd’hui, il faut s’y prendre d’avance. »

Et le gros homme, embrassant sa panse à deux mains, descendait dans le cellier à droite, sous la galerie vermoulue, tandis que dame Grédel ouvrait la porte de la cuisine en criant : « Soyez le bienvenu, père Johannes, soyez le bienvenu. »

On entendait le beurre rire dans la poêle, et l’on voyait la flamme danser dans l’âtre et grimper comme un diablotin à la crémaillère. Le père Johannes s’asseyait, les yeux riants, tendus par deux grandes rides circulaires qui faisaient le tour de ses joues musculeuses, et dame Grédel accourait avec un grand plat de professersvurst tout violets et couverts de petites taches blanches de graisse bouillante. Maître