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Page:Erckmann-Chatrian - Contes et romans populaires, 1867.djvu/285

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LA PÊCHE MIRACULEUSE.


Erckmann - Chatrian - Contes et romans populaires, 1867 p295.jpg
De vagues rumeurs s’élevaient de la taverne. (Page 31.)

« C’est toi, Cappelmans ? dit-il d’un ton goguenard. Je t’attendais. Tu viens chercher la Pêche miraculeuse ?

— Oui, répondit maître Andreusse, j’ai promis à Van Marius de terminer son chef-d’œuvre ; je le veux, et je l’aurai !

— Tu le veux et tu l’auras ! reprit l’autre ; c’est bientôt dit, camarade. Sais-tu que je l’ai gagné, moi, la cruche au poing ?

— Je le sais. Et c’est la cruche au poing que j’entends le reprendre.

— Alors tu es bien décidé à jouer la grande partie ?

— Oui, j'y suis décidé. Que le Dieu juste me soit en aide. Je tiendrai ma parole, ou je roulerai sous la table ! »

Les yeux de Gambrinus s’illuminèrent :

« Vous l’avez entendu, s’écria-t-il en s’adressant aux buveurs, c’est lui qui me défie : qu’il soit fait selon sa volonté ! »

Puis se tournant vers mattre Andreusse :

« Quel est ton juge ?

— Mon juge est Christian Rebstock, » dit Cappelmans en me faisant signe d’approcher.

J’étais ému, j’avais peur.

Aussitôt l’un des assistants, Ignace Van den Brock, bourgmestre d’Osterhaffen, coiffé d’une grande perruque de chiendent, tira de sa poche un papier, et d’un ton de pédagogue il lut :

« Le wôgt des biberons a droit au linge blanc, au verre blanc, à la blanche chandelle : qu’on le serve ! »

Et une grande fille rousse vint déposer ces choses à ma droite.