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Page:Duru et Chivot - La Fille du tambour-major.djvu/17

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tout à coup, on nous dit : Sac au dos et en avant ! vous voyez bien ces grandes montagnes couvertes de neige…


MONTHABOR, allumant sa pipe.

Le Saint-Bernard… rien que ça !


ROBERT.

Il faut passer par là-dessus… C’est bien… puisqu’il le faut, on y passera… et on y est passé ni plus ni moins que si c’avait été une simple cosse d’orange… Nous avons gravi les sentiers, escaladé les pics, franchi les ravins, traîné nos canons et nos affûts… en riant et en chantant !… et ce matin, nous débouchions gaîment dans la vallée d’Aoste…


MONTHABOR.

Alors, changement à vue… un vrai paradis terrestre…


ROBERT.

Nous avons continué l’étape jusqu’ici… nous allons nous y reposer quelques heures, et ce soir, en route…


GRIOLET.

Pour aller où ?…


ROBERT.

Ça, je l’ignore… c’est l’affaire du premier consul et de ses généraux… Mais en attendant, mes enfants, quittez vos sacs et reposez-vous… (A un sergent.) Vous, sergent, allez faire une petite visite dans l’établissement…


LE SERGENT.

Tout de suite, mon lieutenant !


MONTHABOR.

Et tâchez moyen de trouver quelque chose à nous insérer dans le gosier…

Le sergent sort à gauche avec deux soldats.


GRIOLET.

Le fait est qu’il fait une soif !… N’est-ce pas, papa Monthabor ?