Page:Duru et Chivot - La Fille du tambour-major.djvu/128

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



LA DUCHESSE.

Il faut d’abord que vous sachiez que j’ai été mariée deux fois.


MONTHABOR.

Ce n’est pas de trop.


LA DUCHESSE.

Ça dépend… J’ai épousé en secondes noces un grand seigneur pas jeune du tout, sec, laid, grincheux et ratatiné… (vivement.) Mais, pardon, j’ai peut-être tort d’en dire du mal…


MONTHABOR, vivement.

Du tout… au contraire…


LA DUCHESSE.

Comment ?


MONTHABOR, avec componction.

Il faut toujours dire ce que l’on pense.


LA DUCHESSE.

Eh bien ! je l’avouerai, mon père, je ne l’ai jamais aimé.


MONTHABOR.

Très bien, mon enfant, voilà de bons sentiments.


LA DUCHESSE, étonnée.

Ah !


MONTHABOR.

Et ne l’aimant pas… est-ce que vous le trompâtes ?…


LA DUCHESSE.

Vous dites, mon père ?


MONTHABOR.

Je vous demande : le trompâtes-vous ?