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Page:Duru et Chivot, Madame Favart.djvu/8

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COTIGNAC.

Une requête à lui présenter… Est-il d’un abord facile, ce Pontsablé ?


BISCOTIN.

Mais oui… (Riant.) Surtout pour les dames.


COTIGNAC, même jeu.

Bah !… Est-ce que ?…


BISCOTIN, même jeu.

C’est un vert-galant…


COTIGNAC.

Vraiment ?… (Se retournant et voyant Suzanne qui regarde au fond.) Encore ?… (La prenant par la main et la ramenant en scène.) Ah çà ! mademoiselle, qu’est-ce que vous avez donc à regarder comme cela dans la rue ?…


SUZANNE.

Mais papa… je…


COTIGNAC.

Ouais !… C’est pour voir si ce jeune homme nous a suivis, n’est-ce pas ?


BISCOTIN.

Un jeune homme ?…


COTIGNAC.

Un audacieux quidam qui, depuis Saint-Quentin, marche sur nos talons.


SUZANNE.

Oh ! sur nos talons, c’est impossible… puisque nous étions dans le coche, et lui à cheval…


COTIGNAC, ironiquement.

À cheval !… à cheval !… parlons-en… Une mauvaise jument dont je ne donnerais pas trois écus… nous allions même beaucoup plus vite que lui, nous, le coche !… Jugez un peu !… et j’espérais toujours en être débarrassé…