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MADAME LA PRINCESSE DE CRAON.

Craon (Valentine du Cayla, princesse de) a débuté en 1834 dans la carrière des lettres par un roman historique, Thomas Morus, qui obtint un succès mérité ; c’est une œuvre remplie de sentiments élevés, de principes religieux, mais qui ne sont pas toujours aussi heureusement exprimés qu’ils ont été conçus. Madame de Craon donna, l’année suivante, Henri Percy, comte de Northumberland, autre roman historique ; puis, sous le titre de : Deux Drames, un volume qui contient Jocabed et les Fils de Clodomir. Madame de Craon a écrit aussi quelques articles pour divers recueils ; tout ce qui est sorti de la plume de cet écrivain distingué a le mérite, trop rare de nos jours, de pouvoir être mis sans danger entre toutes les mains.


PIERRE GILES.

Si la foule des humains, toujours si légère et si égoïste, se sentit émue de l’arrestation de Thomas Morus[1], quelle douleur n’atteignit pas le cœur d’un ami fidèle et sincère ! quelles alarmes ne vinrent point le presser et le suisir au coin du foyer domestique, dans la paix de cette retraite où il était enseveli, lorsque la voix du dehors et l’indignation publique vinrent lui apprendre qu’il était ainsi frappé dans toutes ses affections ! Car lui aussi, ha-

  1. Thomas Morus, né à Londres en 1480, trésorier de l’Échiquier sous Henri VIII, et ensuite grand-chancelier. Ayant refusé son suffrage à la séparation de la cour de Rome, que venait d’opérer Henri VIII, et n’ayant pas voulu prêter le serment de suprématie du prince, il fut enfermé à la tour de Londres, et sans être un seul instant ébranlé dans sa foi, il reçut avec courage l’arrêt qui le condamnait à mort, et fut décapité sur la plate-forme de la tour, en 1535.