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FIAMETTA.

Alors, passons au dessert.[1]


PÉPITO.

Passons-y.


FIAMETTA, qui coupe le gâteau.

Ah bien ! v’là qui est drôle !… je le croyais refroidi… et il est encore tout bouillant !


PÉPITO.

Je lui sais gré de cette attention.


FIAMETTA, qui a découpé.

V’là une belle tranche.


PÉPITO.

À toi la belle tranche.


FIAMETTA.

Ah ! pour cette fois, par exemple, non !… Je veux qu’on m’obéisse, monsieur…


PÉPITO, très-soumis.

J’obéis… donne… Tiens !… il a un drôle de goût, ton gâteau..


FIAMETTA.

Un goût de vanille…


PÉPITO.

Non… un goût de soufre.


FIAMETTA.

De soufre !


PÉPITO.

Attends… je vais m’assurer… (L’orchestre exécute, piano, le chœur infernal de la scène troisième. — Il avale une grosse bouchée, puis s’écrie tout à coup.) Mais non… je ne me trompe pas ! une flamme ardente circule dans mes veines !… ma poitrine et ma tête sont en feu !… Il me semble que j’ai bu du rhum dans quoi on aurait fait tremper des allumettes !… (Rire.) C’est égal… C’est bon tout de même. (Rire.) — (La musique cesse.)


FIAMETTA.

Mauvais plaisant !… c’était pour me faire peur… moi qui ai cru !… (Elle va pour s’asseoir. — Pépito, d’un air assuré et la tête haute, la prend par le bras, lui fait faire une pirouette et s’assied à sa place.)


PÉPITO, avec aplomb.

Pardon, petite…[2] c’est la place du mari… celle de la femme… voilà.


FIAMETTA, étonnée.

Hein ?… Ah ! c’est encore pour rire…


PÉPITO, tendant son verre.

À boire !


FIAMETTA, un peu interdite.

Ah ! il faut que je…[3].

  1. P., F.
  2. F., P.
  3. P., F.