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ENSEMBLE.
Palpite d’espérance !

BRANCADOR.
De mon…

FIAMETTA.
De mon…De son…

BRANCADOR.
De mon… De son…De ton bonheur
Ah ! que l’heure s’avance !

ENSEMBLE.
Doux moment qui s’avance !

FIAMETTA, (Parlé.)

Ah çà ! monseigneur, vous aimez donc votre femme autant que j’aime mon mari ?


BRANCADOR, (De même.)

Oui, Fiametta… (À part.) C’est étonnant comme j’articule ce nom !


REPRISE DE L’ENSEMBLE.
Ce soir, bonheur suprême, etc.

FIAMETTA.
Pour moi, bonheur suprême !
Je vais revoir celui que j’aime !
Douce lune de miel,
Ne quitte jamais notre ciel !


(Brancador entre au château et Fiametta au pavillon.)

Scène III.

BELPHÉGOR.


Il semble sortir de terre, au milieu de la touffe de dahlias ; il en écarte les branches, montre sa tête, et regarde à droite et à gauche.


Brrr !… j’ai cru que j’allais geler dans cette touffe de dahlias… Où cette drôlesse a eu encore l’indiscrétion de m’arroser !… moi, habitué à une atmosphère de quatre cent soixante quinze degrés de chaleur !… Brrr !… (Sortant de la touffe avec un éclat de rire satanique.) Enfin, c’est fait !… Moi, Belphégor, démon de bonne race… comptant vingt mille ans de noblesse, et pas un seul quartier légitime… chevalier du trident… cornard de première classe… me voilà donc exilé sur terre, sous prétexte de mission scientifique !… (Riant.) Comme si j’étais un diable savant !… comme si j’avais appris autre chose à l’école communale des enfers, qu’à aimer le vin, le jeu et les diablesses !… Hélas ! c’est ce qui m’a perdu… (Confidentiellement.) Au sortir du collège, mon père… un démon bien respectable, traînant une queue blanchie au service de l’État… voulut me produire dans le monde, au bal de la cour… Dès mon début, une