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FIAMETTA.

Pourquoi donc, alors, que vous avez l’air si agité… si préoccupé, comme vous dites… puisque vous êtes marié ?


BRANCADOR, tirant sa montre.

Il s’en faut de trente-cinq minutes… car c’est de ce laps que je précède ma femme…


FIAMETTA.

Elle arrive !… quel bonheur !…


BRANCADOR.

Oui, Fiametta… (À lui-même.) J’adore ce nom… je le prononce délicieusement… (Haut.) Oui, Fiametta… je me suis conjoint… hier au soir… dans la chapelle de mon palais de Naples… Après que j’ai été suffisamment béni, les témoins se sont retirés, et alors…


FIAMETTA, baissant les yeux.

Assez, monseigneur, assez !


BRANCADOR.

Je continue… Les témoins, dis-je, se sont retirés, et alors nous sommes montés en voiture, chacun de notre côté… pour venir passer la lune de miel dans ma villa de Brancador…


FIAMETTA.

Ce qui fait que la seconde nuit…


BRANCADOR.

Sera la première… oui, Fiametta… et c’est ce qui t’explique mes préoccupations.


FIAMETTA.

Mme la marquise… est jeune ?


BRANCADOR.

Nos âges sont parfaitement proportionnés… elle a seize ans.


FIAMETTA.

Seize ans !


BRANCADOR.
AIR : Amis, voici la riante semaine.
Âge charmant dont je suis idolâtre !

FIAMETTA.
Eh quoi ! vraiment, rien que seize ans ?Après ?

BRANCADOR.
Eh quoi ! vraiment, rien que seize ans ?Après ?

FIAMETTA.
Et vous, monsieur ? J’en ai quarante-quatre…

BRANCADOR.


Et vous, monsieur ?J’en ai quarante-quatre…
Ou, pour mieux dire, hier je les avais.
Mais en ménage, habitude touchante !
Le bien, le mal se partage en tout temps :
Quarante-quatre et seize font soixante,
Nous partageons et je n’ai que trente ans.
Regarde-moi, je n’ai plus que trente ans !