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À ceux que tourmente la faim
Je dis : jusqu’à demain
Ici vous mangerez
Ainsi qu’à jamais vous resterez rassasiés ;
À ceux que la soif oppresse
Je tends un breuvage plein d’ivresses ;
Et pour cela je ne demande au voyageur
Que ce qu’il lui plaira de m’accorder de son cœur.

L’île où je règne est l’île fantastique
Qui dans l’océan des jours les plus mélancoliques
Surgit aux yeux
Des passants égarés sous les cieux.



Le Jeune Homme

Reine !…



Le Vieillard

Reine de beauté !…



L’Aïeul

Reine de suprême grâce !…



La Courtisane

Parlez !
En ce palais où je puis tout, parlez !
Après l’orage,