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capitaine Dupuy, et ce corps de dromadaires leur a rendu de grands services, dans leur traversée du désert de Nubie et leur marche sur Khartoum.

Les soins tout à fait remarquables dont Jean Tapin fut entouré en revenant de son long évanouissement, le remirent promptement sur pied.

Il apprit ainsi qu’il avait été trouvé dans le palais même de Djezzar, fort heureusement, par un marin anglais du Tiger (le Tigre), car un Turc lui eût coupé la tête immédiatement. Il était sans connaissance quand on le ramassa au milieu des débris de la tour effondrée ; mais on eut beaucoup de peine à lui faire lâcher le soldat musulman qu’il serrait encore contre lui. Ce dernier était mort, écrasé par un pan de mur dont il avait préservé le petit sergent.

Voyant qu’il respirait encore et surtout remarquant des galons sur ses manches, les Anglais l’avaient fait transporter à bord du Tiger. car ils n’avaient, jusqu’alors, fait d’autres prisonniers que des marins, et ils comptaient sur ce fantassin pour avoir des renseignements précieux sur la force des Français, leur organisation en Égypte et la situation de l’armée de Syrie.

C’est ce que Jean comprit bientôt, aux multiples questions que lui posa le singulier interprète qui lui avait parlé.

Mais il n’eut pas besoin de réfléchir longtemps pour comprendre que son devoir était de ne pas parler. Il était prisonnier, c’est vrai ; mais nul ne