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de deux lignes qui causa la ruine d’une noble famille. Tout ce qui est à vendre va à Milverton, et il y a des centaines d’êtres humains, dans cette immense cité, qui pâlissent à son nom. On ne sait quand on sentira son étreinte ; il est si riche et si habile, qu’il peut et sait attendre pour agir, le moment propice. Il gardera son atout pendant des années pour l’abattre au moment où l’enjeu sera le plus élevé ! Je vous ai dit que c’était l’homme le plus abject de Londres. Comment, en effet, pourrait-on comparer un de ces bandits assassinant un homme, dans un moment de colère, à ce personnage, qui, méthodiquement, de sang-froid, torture l’âme, broie les nerfs, dans le but de grossir encore ses sacs d’or déjà si gonflés ?

J’avais rarement entendu parler mon ami avec autant de chaleur.

— Mais cet individu-là, dis-je, ne tombe-t-il pas sous le coup de la loi ?

— En droit, cela ne fait pas de doute, dit-il, mais, en fait, non. Quel intérêt aurait une femme à le faire condamner à plusieurs mois de prison, si le résultat devait être sa ruine immédiate ? Les victimes n’osent donc se