Page:Doyle - Sherlock Holmes triomphe.djvu/28

Cette page a été validée par deux contributeurs.


coup frappé à la porte. Milverton se leva et l’ouvrit.

— Eh bien, fit-il sèchement, vous êtes près d’une demi-heure en retard !

C’était donc là le motif pour lequel la porte n’était pas fermée, c’était là l’explication de l’attente de Milverton ! On entendit un frou-frou de robe. Je fermai les rideaux, car il avait regardé de notre côté. Quand il eut le dos tourné, je les entr’ouvris à nouveau. Il s’était assis, son cigare insolemment planté dans le coin de sa bouche ; devant lui, éclairée violemment par la lumière électrique, se tenait une femme grande, mince et brune, dont une voilette épaisse couvrait le visage ; un long manteau l’enveloppait tout entière. Sa respiration était haletante et l’on sentait que son visage devait frissonner sous l’empire d’une vive émotion.

— Eh bien, dit Milverton, vous m’avez fait perdre une bonne nuit, ma chère ! J’espère que vous me revaudrez cela. Vous ne pouviez donc pas venir à un autre moment, hein ?

La jeune femme secoua la tête.

— Eh bien, si vous n’avez pas pu, tant pis !