Page:Doyle - Les recrues de Monmouth, trad. Savine, 1911.djvu/33

Cette page n’a pas encore été corrigée


Elle appartenait à une famille de gens de l'Église, et elle tenait à sa religion avec une force tranquille, à l'épreuve de tout ce qu'on pouvait tenter pour l'en détourner.

Je me figure qu'à une certaine époque son mari avait beaucoup raisonné avec elle sur l'Arminianisme, sur le péché de simonie, mais qu'il avait reconnu l'inutilité de ses exhortations, et laissé-là ces sujets, excepté en de très rares occasions.

Toutefois bien que fervente pour l'Épiscopat, elle était restée profondément Whig et ne permettait jamais que son loyalisme envers le trône obscurcît son jugement sur les actes du monarque qui l'occupait.

Il y a cinquante ans, les femmes étaient bonnes ménagères, et elle se distinguait parmi les meilleures.

Quand on voyait ses manchotes immaculées, son tablier d'une blancheur de neige, on avait peine à croire qu'elle fût une rude travailleuse.

Seules la bonne tenue de la maison, la propreté des chambres exemptes de toute poussière, démontrait son activité.

Elle composait des remèdes, des eaux pour les yeux, des poudres et compositions, du cordial et du persicot, ou du noyau de pêche, de l'eau de fleur d'oranger, de l'eau de vie de cerise, chaque chose en son temps, et le tout dans la perfection.

Elle s'entendait également en herbes et en simples.