Page:Doyle - Les recrues de Monmouth, trad. Savine, 1911.djvu/278

Cette page n’a pas encore été corrigée


béantes qu'avaient causées dans les murailles les orages des guerres civiles.

Fairfax, à ce qu'il parait, avait passé par là et avait laissé de nombreux vestiges de sa visite.

Je suis convaincu que mon père aurait eu bien des choses à raconter sur ces signes de la colère puritaine, s'il avait chevauché côte à côte avec nous.

La route était encombrée de paysans qui voyageaient en formant deux forts courants en sens contraire: l'un dirigé de l'est à l'ouest et l'autre de l'ouest à l'est.

Le dernier se composait surtout de gens âgés et d'enfants, qu'on envoyait en lieu sûr, résider dans les comtés moins agités jusqu'à la fin des troubles.

Bon nombre de ces pauvres gens poussaient des brouettes chargées de literie et de quelques ustensiles fêlés qui formaient toute leur fortune en ce monde.

D'autres, plus aisés, avaient des petites carrioles, tirées par les petits chevaux sauvages et velus que produisent les landes du Somerset.

Par suite de l'entrain de ces bêtes à moitié dressées et de la faiblesse des conducteurs, les accidents n'étaient point rares et nous passâmes près de plusieurs groupes malchanceux, qui avaient versé dans le fossé avec leurs effets, ou qui faisaient cercle, en discutant avec inqu