Page:Doyle - Les recrues de Monmouth, trad. Savine, 1911.djvu/241

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ère de plus qu'à l'ordinaire, ou si par suite d'une provocation, il lui arrivait de lâcher l'un de ses jurons favoris comme: «Oh! noiraud!» ou bien: «coeur vivant!» il s'en tourmentait comme si c'étaient les sept péchés capitaux. Est-il vraisemblable, conforme au cours naturel des choses qu'un homme de cette sorte ait engendré dix garçons allongés, efflanqués, dont neuf auraient pu être cousins au premier degré de Lucifer et frères de lait de Belzébuth!

-C'était bien pénible pour lui, remarqua Ruben.

-Pour lui ? Oh non, tous les ennuis furent pour nous! Si les yeux ouverts, il jugea à propos d'épouser la fille d'un diable incarné comme Will Spotterbridge, parce que ce jour-là elle était poudrée et peinte à son goût, quel sujet eut-il de se plaindre ? C'est nous qui avons dans les veines du sang de ce bravo de taverne, greffé sur notre bonne, notre honnête nature, c'est nous qui avons le plus de raison de protester.

-Sur ma foi, d'après le même enchaînement de raisons, dit Ruben, un de mes ancêtres a dû épouser une femme qui avait la gorge terriblement sèche, car mon père et moi nous sommes affligés de la même maladie.

-Vous avez sûrement hérité d'une langue bien pendue, grogna Saxon. D'après ce que je vous ai dit, vous voyez que toute notre vie est un conflit entre notre vertu naturelle d