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pertes que j'avais subies, le Roi me faisait la grâce de me donner le titre de Chevalier de la Loterie.

-Je vous prie, monsieur, dites-nous ce que c'est qu'un Chevalier de la Loterie, demandais-je.

-C'est le tenancier d'une maison de jeu, ni plus ni moins. Voilà comment il me récompensait.

«Je recevais l'autorisation de tenir un tapis-franc sur la Place de Covent-Garden et d'y attirer les jeunes étourneaux de la ville pour les tondre au jeu de l'hombre.

«Pour rétablir ma fortune, il me fallait ruiner autrui.

«Mon honneur, ma famille, ma réputation, tout cela ne pesait aucun poids, du moment que j'avais le moyen de soutirer leurs guinées à quelques imbéciles.

-J'ai entendu dire que certains chevaliers de la Loterie ont fait de bonnes affaires, dit Saxon, d'un air réfléchi.

-Bonnes ou mauvaises, ce n'était point un emploi convenable pour moi, j'allai trouver le Roi et je le suppliai de donner à sa générosité une autre forme.

«Il me répondit seulement que je faisais bien le difficile pour un homme aussi pauvre que je l'étais.

«Je tournai autour de la Cour pendant des semaines.

«Moi et d'autres cavaliers, nous avons vu le