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pas mieux que de payer mes dettes avec des promesses comme celles-là.

-À en juger par votre langage, monsieur, remarqua notre hôte, vous n'êtes pas du nombre des sectaires. Dès lors comment se fait-il que vous jetiez le poids de votre épée et de votre expérience dans le plateau le plus faible ?

-Pour cette raison même, qu'il est le plus faible, dit le soldat de fortune. Je serais volontiers parti avec mon frère pour la Côte de Guinée, et je ne me serais mêlé à l'affaire que pour porter des lettres, ou pour d'autres bagatelles. Puisqu'il me faut faire quelque chose, je prends le parti de combattre pour le Protestantisme et pour Monmouth. Il m'est parfaitement indifférent de voir sur le trône Jacques Stuart ou Jacques Walters, mais la Cour et l'armée du roi, ce sont des choses déjà toutes faites. Eh bien, puisque Monmouth en est encore à chercher courtisans et soldats, il pourrait bien arriver qu'il soit enchanté de mes services et qu'il les récompense par des avantages et des honneurs.

-Votre logique est irréprochable, dit notre hôte, sauf sur un point: c'est que vous avez laissé de côté le très grand risque que court votre tête, dans le cas où le parti du duc succomberait sous la disproportion des forces.

-On ne joue pas un coup de dés sans mettre un enjeu.

-Et vous, jeune monsieur, demanda le vieillard,