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-Et avez-vous jamais mis son habileté à l'épreuve ? demanda l'un des officiers en souriant.

-Non, pas moi, car je me suis toujours tenu à l'écart de la magie noire, et de toute la diablerie de cette espèce. Mon camarade Pierre Scotton, qui était oberst (colonel) dans la brigade de cavalerie impériale, lui paya un noble à la rose pour se faire dévoiler son avenir.

«Si je m'en souviens bien, les étoiles dirent qu'il aimait trop le vin et les femmes: il avait l'oeil coquin, et le nez couleur d'escarboucle.

«Elles lui prédirent aussi qu'il aurait un jour le bâton de maréchal, qu'il mourrait à l'âge mûr, et tout cela aurait bien pu arriver s'il n'était pas tombé de cheval un mois après à Obergraustock et s'il n'avait pas péri sous les fers de ses propres chevaux.

«Ni les planètes, ni même le maréchal-ferrant du régiment, homme d'expérience pourtant, n'auraient pu prédire que l'animal aurait crevé aussi complètement.

Les officiers rirent à gorge déployée de la façon de voir de mon compagnon et se levèrent de leurs chaises, car la bouteille était finie, et il se faisait tard.

-Nous avons de la besogne à faire par ici, dit l'un d'eux, celui qui avait répondu au nom d'Ogilvy. En outre, il nous faut retrouver notre jeune sot et lui démontrer qu'il n'y a rien de déshonorant à être désarmé par un tireu