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-Qu'est-ce que dirait le maître d'armes, le maître d'escrime ? raillait mon compagnon. M'est avis qu'il serait cassé de son emploi pour ne vous avoir point appris à faire meilleure figure. Foin de lui! Est-ce ainsi qu'il enseigne aux officiers de la garde de Sa Majesté à se servir de leurs armes ?

-Cette raillerie, monsieur, dit le plus âgé des trois, un homme trapu, brun, aux gros traits, n'est pas imméritée. Et pourtant, vous auriez pu vous en dispenser. Je me permets de trouver que notre ami vous a attaqué avec un peu trop de précipitation et qu'un soldat aussi jeune aurait dû témoigner un peu plus de déférence à un cavalier aussi expérimenté que vous.

L'autre officier, personnage aux traits fins, à l'air noble, s'exprima d'une façon presque identique.

-Si ces excuses sont admises, dit-il, je suis prêt à y ajouter les miennes. Si toutefois on en demande davantage, je serai heureux de prendre la querelle à mon compte.

-Non, non, ramassez votre poinçon, répondit Saxon, d'un ton de bonhomie, en poussant du pied la rapière du côté de son tout jeune adversaire, seulement faites attention à ceci: quand vous vous fendez à fond, dirigez votre pointe en bas plutôt qu'en haut. Sans quoi vous risquez d'exposer votre poignet au coup de votre adversaire, qui, sans doute, ne manquera pas d