Page:Doyle - Les recrues de Monmouth, trad. Savine, 1911.djvu/164

Cette page n’a pas encore été corrigée


«Ça été une de ces affaires qui se composent de trois coups de feu et un temps de galop, où chacun des combattants gagne au large en s'attribuant la victoire. Mais nous voici dans les rues de Salisbury. Maintenant laissez-moi la parole. Sans quoi votre maudite véracité peut nous faire faire la culbute avant que l'heure ait sonné.

Nous descendîmes la large Grand-Rue pour mettre pied à terre devant l'Hôtellerie du Sanglier Bleu.

Nous confiâmes nos chevaux fatigués au valet d'écurie, auquel Saxon fit de minutieuses recommandations au sujet de la façon de les soigner, en parlant à très haute voix, et émaillant ses propos de nombreux et rudes jurons soldatesques.

Après quoi, il fit une entrée bruyante dans la salle commune, s'assit sur une chaise, posa ses pieds sur une autre chaise, et fit comparaître l'hôtelier devant lui, pour lui faire connaître nos besoins, sur un ton et avec des façons bien propres à lui donner une haute idée de notre condition.

-Ce que vous avez de mieux, et tout de suite, dit-il. Tenez prête votre plus grande chambre à coucher à deux lits, auxquels vous mettrez les draps les plus fins, parfumés à la lavande, car nous avons fait un fatigant trajet à cheval, et nous avons besoin de repos.

«Et puis, vous m'entendez bien, hôtelier, n'essayez pas de nous faire passer de vos m