Page:Doyle - Les recrues de Monmouth, trad. Savine, 1911.djvu/138

Cette page n’a pas encore été corrigée


n se penchant.

Ses longues jambes traînent par derrière, et il cache sa figure dans ses mains.

Tout autour de moi, à la lueur clignotante de la lampe suspendue, j'aperçois les objets qui me sont familiers depuis mon enfance, le banc près du foyer, les chaises aux dossiers hauts, aux appuis raides, le renard empaillé au-dessus de la porte, le tableau de Christian considérant la Terre Promise du haut des Montagnes délectables, tous ces menus objets sans valeur propre, mais dont la réunion constitue cette chose merveilleuse que nous appelons le foyer domestique, cet aimant tout puissant qui attire du bout de l'univers le voyageur.

Le reverrai-je jamais, même dans mes rêves, moi qui m'éloigne de cette rade si bien abritée pour me plonger au coeur de la tempête ?

La prière terminée, tout le monde se leva, à l'exception de Saxon, qui resta la figure cachée dans ses mains une ou deux minutes avant de se redresser.

J'eus l'audace de penser qu'il s'était profondément assoupi, bien qu'il prétendit que son retard était dû à une prière supplémentaire.

Mon père mit ses mains sur ma tête et invoqua sur moi la bénédiction des Cieux.

Puis, il prit à part mon compagnon et j'e