Page:Doyle - Les recrues de Monmouth, trad. Savine, 1911.djvu/111

Cette page n’a pas encore été corrigée


changement parût sur sa figure aux traits rudes.

Par une chance incroyable, personne ne fut atteint, pas même Hosea, mais cet incident me donna quelque estime pour notre nouvelle connaissance.

Lorsqu'il partit, qu'il parcourut la rue du village, son long corps efflanqué, son visage étrange et ses traits durs, et le chapeau brodé d'argent de mon père, dont il était coiffé attirèrent plus d'attention que je n'en souhaitais, à raison de l'importance des missives qu'il portait, et de la certitude qu'elles seraient découvertes, dans le cas où on l'arrêterait comme inconnu n'ayant nul répondant.

Heureusement la curiosité des compagnons n'eut d'autre effet que de les grouper sur leurs portes et à leurs fenêtres, d'où ils contemplaient le passant en ouvrant de grands yeux, pendant que lui, enchanté de l'attention qu'il excitait, s'en allait à grandes enjambées, le nez en l'air et faisant tournoyer ma trique dans sa main.

Il avait laissé derrière lui la meilleure opinion sur son compte.

La bienveillance de mon père lui avait été acquise par sa piété et les sacrifices qu'il prétendait avoir faite pour la foi.

Il avait enseigné à ma mère comment les Serbes portent leurs bonnets.

Il lui avait aussi montré une nouvelle façon